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Les taux variables ont-ils atteint leur sommet au Canada?

Les taux variables ont-ils atteint leur sommet au Canada?
Written by
  • Ashley Howard
| 22 novembre 2023
Reviewed, 22 novembre 2023
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    Les taux variables ont-ils atteint leur sommet au Canada? Alors que les taux hypothécaires continuent de faire la une des journaux, les propriétaires et les acheteurs potentiels se demandent quand cette hausse en apparence interminable va enfin s’arrêter. La fluctuation des taux variables a fait vivre beaucoup de stress à de nombreux Canadiens, les augmentations imprévisibles leur causant des difficultés financières. Mais y a-t-il une lumière au bout du tunnel?

    Dans cet article, nous examinons la situation actuelle des taux variables au Canada et les prévisions pour l’avenir. Si certains experts estiment que les taux ont peut-être atteint leur maximum, d’autres restent sceptiques quant à la possibilité d’une tendance à la baisse. Nous examinons les facteurs qui influencent les taux variables, comme l’inflation, la politique monétaire et la conjoncture économique, afin de mieux comprendre la situation.

    Les grandes lignes

    • Les taux variables sont directement liés au taux directeur de la Banque du Canada.
    • Les tendances historiques du taux directeur peuvent permettre de déterminer si les taux variables ont atteint leur maximum.
    • Le Conseil des gouverneurs de la Banque du Canada et les économistes restent divisés sur la question de savoir si les taux doivent augmenter, diminuer ou rester stables.

    Comprendre les facteurs qui influencent les taux variables

    Comprendre les facteurs qui influencent les taux variables

    Il est essentiel de comprendre ce qui influence les taux variables au Canada pour savoir s’ils ont atteint leur maximum. 

    La politique monétaire joue un rôle important dans la détermination des taux variables. La Banque du Canada utilise le taux d’intérêt directeur comme outil de gestion de l’économie. Elle peut augmenter son taux pour refroidir une économie en surchauffe ou l’abaisser pour stimuler la croissance. 

    Les banques et les prêteurs se basent sur le taux directeur pour déterminer leur taux préférentiel. Les taux variables sont directement liés à ce taux préférentiel, qui augmente ou diminue dans le même sens que le taux directeur.

    L’inflation est l’un des principaux facteurs qui orientent les décisions en matière de taux d’intérêt. Les banques centrales ont tendance à maintenir les taux d’intérêt bas lorsque l’inflation est faible afin de stimuler l’emprunt et l’investissement. Une inflation élevée peut conduire à des taux d’intérêt plus élevés afin de freiner les dépenses et de contrôler les pressions inflationnistes.

    Les conditions économiques, tant au niveau mondial que national, peuvent également avoir un impact sur les taux variables. Des facteurs comme la croissance du PIB, le taux de chômage et les dépenses de consommation contribuent tous à la santé globale de l’économie. En période d’incertitude ou d’instabilité économique, les banques centrales peuvent ajuster les taux en conséquence pour maintenir la stabilité et soutenir la croissance économique. 

    L’économie canadienne est également étroitement liée à l’économie américaine. La Banque du Canada (BoC) prend généralement ses décisions en matière de taux d’intérêt en fonction de ce que fait la Réserve fédérale américaine (la Fed). Si la Fed augmente les taux d’intérêt, la BoC fera probablement de même pour éviter que la monnaie canadienne ne se dévalue par rapport au dollar américain.

    Tendances historiques des taux variables au Canada

    Les tendances historiques peuvent être utiles pour déterminer si les taux variables ont atteint leur maximum au Canada. Les taux d’intérêt variables sont liés au taux directeur de la Banque du Canada (BoC). Lorsque ce taux augmente ou diminue, les prêteurs et les banques ajustent leur taux préférentiel, la plupart d’entre eux suivant l’exemple de la BoC en ajoutant une prime de 2,20 % au taux directeur pour fixer leur taux préférentiel. 

    Au cours des dernières décennies, les taux variables ont connu des périodes de hauts et de bas. Par exemple, au début des années 1980, les taux variables ont grimpé pour atteindre une valeur à deux chiffres en raison d’une forte inflation, conséquence de l’inflation persistante de la décennie précédente. Ils sont toutefois restés relativement bas jusqu’à récemment, offrant aux emprunteurs des conditions d’emprunt plus favorables. 

    Il est important de noter que si les tendances historiques peuvent donner des indications, elles ne garantissent pas les évolutions futures. Le paysage économique actuel et la polarisation mondiale peuvent avoir un impact significatif sur l’orientation des taux variables.

    Conditions actuelles du marché et possibilité d’un plafonnement des taux variables

    Sur le marché actuel, les taux variables sont orientés à la hausse, ce qui inquiète les emprunteurs. Certains experts estiment toutefois que les taux ont atteint ou sont proches de leur maximum. Le ralentissement de l’économie et l’augmentation du taux de chômage pourraient contribuer à stabiliser les taux.

    En revanche, les sceptiques affirment que le paysage économique mondial, notamment l’inflation élevée et la possibilité d’une hausse des taux d’intérêt aux États-Unis, pourrait entraîner de nouvelles augmentations du rendement des obligations du gouvernement canadien, ce qui pousserait les taux fixes à la hausse. Les emprunteurs doivent rester vigilants et tenir compte de la possibilité de nouvelles hausses de taux dans leur planification financière.

    Opinions et prévisions des experts sur les taux variables au Canada pour 2024

    Les experts sont divisés sur la question de savoir si les taux d’intérêt ont atteint leur plafond au Canada. Certains affirment que les augmentations de taux actuelles sont temporaires et que les taux se sont stabilisés ou pourraient diminuer d’ici le milieu de l’année 2024. 

    Les experts pointent du doigt la hausse du taux de chômage, la stabilisation de l’inflation en glissement annuel et le ralentissement de l’économie comme étant les principales raisons pour lesquelles les taux pourraient avoir atteint un sommet. D’autres sont toutefois plus prudents et pensent que les taux pourraient continuer à augmenter en réponse aux conditions économiques américaines et aux pressions inflationnistes.

    Le Conseil des gouverneurs de la Banque du Canada reste divisé sur la question de savoir si les taux d’intérêt doivent encore augmenter. Des inquiétudes subsistent quant à la rapidité de la baisse de l’inflation, et certains membres du Conseil des gouverneurs pensent qu’une nouvelle hausse des taux pourrait s’avérer nécessaire pour ramener l’inflation à l’objectif de 2 %. 

    Le resserrement des taux de la Banque du Canada prend 18 à 24 mois pour produire ses effets. La première hausse de taux a eu lieu il y a 22 mois, et la dernière en juillet, ce qui signifie qu’il faudra attendre près d’un an avant qu’elle ne produise tous ses effets. À l’inverse, de nouvelles hausses de taux pourraient entraîner le pays dans une récession prolongée, causant plus de périls économiques qu’il n’en faut pour maîtriser l’inflation. Pire encore, une inflation rigide associée à un taux de chômage élevé pourrait entraîner une période d’inflation persistante.

    Andrew Grantham, économiste principal à la CIBC, prévoit dans le rapport économique The Week Ahead que les taux pourraient commencer à baisser progressivement d’ici le deuxième trimestre 2024, en citant la faible croissance de l’emploi par rapport au taux de croissance de la population et le pic de chômage dépassant les 6 %. 

    Douglas Porter, économiste en chef et directeur général des affaires économiques à la BMO, prévoit dans le rapport EconoFACTS que la Banque du Canada maintiendra son taux d’intérêt pendant une bonne partie de l’année 2024, en précisant que cela dépendra de la question de savoir si l’économie s’est suffisamment refroidie pour entraîner une baisse de l’inflation sous-jacente.

    Réflexions pour les emprunteurs ayant un prêt hypothécaire à taux variable

    Les emprunteurs ayant un prêt hypothécaire à taux variable doivent impérativement évaluer leur situation financière et leur tolérance au risque. Les taux variables peuvent offrir une certaine flexibilité et des économies potentielles à court terme, mais ils comportent également des risques en cas de hausse des taux d’intérêt. 

    Disposer d’un plan financier pour faire face à d’éventuelles hausses de taux et s’assurer que le prêt hypothécaire reste abordable est l’un des moyens dont disposent les emprunteurs à taux variable pour se protéger des augmentations de taux.

    Les emprunteurs doivent également se tenir au courant des informations pertinentes sur les conditions du marché et revoir régulièrement les conditions de leur contrat hypothécaire. Le fait d’être proactif et d’envisager des options, comme le passage à un prêt hypothécaire à taux fixe ou la possibilité de bloquer le taux, peut apporter de la stabilité et de la tranquillité d’esprit.

    Alternatives aux taux variables sur le marché hypothécaire canadien

    Si les taux variables peuvent être intéressants pour les emprunteurs lorsque les taux d’intérêt sont bas, d’autres choix s’offrent aux emprunteurs canadiens.

    Les hypothèques à taux fixe offrent un taux d’intérêt stable pour une période prédéterminée, ce qui permet aux emprunteurs de bénéficier d’une certaine stabilité et de versements mensuels prévisibles. Cette option peut être intéressante pour ceux qui préfèrent un budget cohérent et qui sont prêts à renoncer à des économies potentielles en faveur de la stabilité.

    Mesures à prendre si vous envisagez de contracter un prêt hypothécaire à taux variable

    Si vous envisagez d’opter pour un prêt hypothécaire à taux variable, vous pouvez prendre plusieurs mesures pour vous assurer qu’il s’agit de la bonne décision. 

    • Tout d’abord, évaluez votre situation financière et votre tolérance au risque. Tenez compte de la stabilité de vos revenus, de vos objectifs actuels et futurs et de votre capacité à faire face à d’éventuelles augmentations de taux.
    • Ensuite, magasinez et comparez les options hypothécaires proposées par différents prêteurs. Recherchez des taux compétitifs, des conditions favorables et des caractéristiques qui correspondent à vos objectifs financiers. Consultez un professionnel du financement hypothécaire qui pourra vous conseiller et vous aider à vous y retrouver dans la complexité des différents produits hypothécaires.
    • Enfin, restez informé des conditions du marché et revoyez régulièrement les conditions de votre contrat hypothécaire. Surveillez les indicateurs économiques, les annonces de taux d’intérêt et tout changement réglementaire susceptible d’avoir une incidence sur les taux variables.

    Foire aux questions

    Quand les taux d’intérêt baisseront-ils au Canada?

    La plupart des économistes ont modifié leurs prévisions et pensent que les taux d’intérêt pourraient diminuer progressivement d’ici le milieu de l’année 2024.

    Si les taux d’intérêt ont atteint un sommet, vais-je économiser de l’argent avec un taux variable?

    Cela dépendra de la rapidité et de l’ampleur de la baisse des taux d’intérêt. Actuellement, les taux variables sont plus élevés que les taux fixes. Pour économiser de l’argent, il faudrait donc que les taux variables tombent plus bas que les taux fixes. Toutefois, l’avantage d’un taux variable est qu’il n’est pas bloqué, de sorte que lorsque les taux baissent, vous réalisez immédiatement des économies d’intérêt par rapport à un prêt hypothécaire à taux fixe, pour lequel vous devez attendre la fin de votre terme. Toutefois, si vous cherchez à alléger vos versements, il est préférable d’opter pour un prêt hypothécaire à taux variable, qui ajustera les versements en fonction des variations du taux préférentiel de votre prêteur.

    Quel est l’impact de l’inflation sur les taux d’intérêt variables?

    Les banques centrales augmentent le taux directeur lorsque l’inflation augmente ou reste élevée. Les banques font de même et augmentent leur taux préférentiel, utilisé pour fixer le prix des produits hypothécaires variables. Cette mesure vise à freiner les dépenses et les emprunts afin de refroidir l’économie et de ramener l’inflation sous contrôle. 

    Les banques centrales diminuent leurs taux directeurs lorsque l’inflation diminue afin de stimuler l’économie et d’encourager les emprunts et les dépenses. Les banques font de même et réduisent leur taux d’intérêt préférentiel.

    En conclusion : Prendre des décisions éclairées sur les taux variables au Canada

    Alors que les propriétaires et les acheteurs potentiels continuent de naviguer sur le marché hypothécaire canadien, la question de savoir si les taux variables ont atteint leur maximum reste un sujet chaud. Bien que les experts soient divisés sur la question, il est clair que plusieurs facteurs influencent les taux variables, notamment l’inflation, la politique monétaire et la conjoncture économique.

    Que vous optiez pour un prêt hypothécaire à taux variable ou que vous exploriez d’autres options, vous devez vous tenir au courant des tendances du marché, évaluer vos finances et votre tolérance au risque afin de prendre la meilleure décision financière. 

    Bien que l’avenir des taux variables au Canada demeure incertain, le fait d’être bien informé et préparé à tout changement des conditions du marché vous permettra de naviguer en toute confiance dans le paysage hypothécaire en constante évolution. Si vous êtes prêt à entamer votre parcours hypothécaire, communiquez avec notre équipe d’experts hypothécaires chevronnés qui peuvent vous aider à obtenir le meilleur taux sur votre prêt hypothécaire.